BlogClimat

Virage radical : de la photographie à …autre chose

Des hommes et leur terre

Rebonjour à toutes et à tous ! 

J’ai laissé le blog dormir pendant tout l’hiver, puis finalement aussi au printemps, et je m’en excuse pour les quelques rares lecteurs qui suivaient mes petites escapades photographiques.

Ai-je hiberné pour autant, comme les chauve-souris, les marmottes, les grenouilles ou les écureuils ?

Petit aparté : selon futura sciences, « ce qui différencie l’hibernation de l’hivernation, c’est l’état de vigilance dans lequel se trouve l’animal qui la pratique. Lorsqu’un animal hiberne, il se trouve dans un état de léthargie avancé ».

Alors que l’animal qui hiverne somnole simplement. Son cerveau reste très réactif et il peut parfaitement se réveiller. 

Alors, comme l’ours ou le blaireau, qui sont « semi-hivernants », j’ai bien eu les neurones actifs pendant l’hiver, même si vous ne m’avez pas vu ! J’ai en revanche laissé mon appareil photo de côté, pour me consacrer à d’autres sujets.

Le réveil de la bête ! 

En effet, pendant ces quelques mois d’hiver (pas très froid, d’ailleurs) puis de printemps, mon cerveau, voire mes tripes ont pris en pleine poire la réalité de notre société industrialisée et les risques à venir en matière de réchauffement climatique et d’énergie.

J’étais jusqu’à une date récente totalement « climato-ignorante », comme une majorité de gens (et de journalistes et de décideurs d’ailleurs).

Dans les années précédentes, j’avais pourtant vaguement intégré, principalement à travers des documentaires à la télé, des informations sur le réchauffement climatique.

En fait, la majorité, sinon la totalité des émissions ou des débats sur l’environnement se résument à « je suis pour ceci, ou je suis anti-cela (pour les énergies renouvelables, contre le nucléaire) », sans avoir la moindre idée des avantages et inconvénients réels de chaque sujet, sans connaître les échelles de temps, et les proportions de chacun des problèmes.

Comme beaucoup de gens, je regardais ça d’un peu loin, en me disant que faire le tri de mes bouteilles plastiques dans la poubelle jaune, et conduire une petite voiture plutôt qu’un 4×4 était bien suffisant. Et puis d’abord, c’était bien aux politiques et aux grosses entreprises de commencer à faire mieux, non ?

Serais-je devenue écolo-bobo chiante ? Possible. Je cherche des solutions, qui m’amène à d’autres réflexions, qui m’interrogent encore plus.

Du coup, quand j’échange avec des proches, à part certains, on commence à me faire comprendre que la planète, le vivant et le climat, c’est bien joli, mais on a toujours autre chose de bien plus important à régler…

Cette prise de conscience est un processus difficile, qui passe par des phases d’enthousiasme suivies de grands découragements qu’il est difficile de partager.

C’était tellement en ébullition dans ma tête, qu’il m’a fallu du temps pour décanter…

Mais d’où ça vient donc ? Je me le demande encore, je crois que c’est venu petit à petit au début, puis que ça s’est accéléré au fur et à mesure des derniers mois.

Ma sœur m’a longtemps vanté sa conversion à la permaculture dans son jardin, je l’écoutais avec pas mal de détachement et un sourire conciliant mais pas convaincu.

Tout petit jardin
Tout petit jardin

Pourtant, quand elle m’a aidé à planter quelques pieds de tomates l’été dernier, en les entourant de compost naturel et que j’ai vu qu’elles poussaient vaillamment dans mon jardin grand comme un mouchoir de poche, j’en ai été littéralement ébahie.

Il faut dire que je partais de loin. Moi, je suis une fille des villes, du bitume, des angles, des contrastes, et puis je n’ai pas eu un parent ou un grand-parent qui m’a initié au jardinage, je suis partie de rien, nothing, nada !

Du coup, j’affirmais avec une certaine mauvaise foi que je ne voyais pas pourquoi j’allais faire pousser quelques malheureuses tomates alors que je pouvais les acheter sous plastique en même temps que mon café et mes pâtes dans mon hypermarché préféré ! (oui, oui, j’en étais là)

Au début de l’automne dernier, la démission de Nicolas Hulot m’a pourtant interpellé. Je l’ai entendu en direct et j’ai été frappée par son ton alarmiste et sur son incapacité à traiter le sujet de l’environnement au sein du gouvernement

 

« La politique des petits pas ne suffit pas »

Peu après, le dernier rapport du GIEC est sorti.

Comme je commençais à attraper le virus de la « lutte pour le climat », j’ai tenté de lire les conclusions en diagonale. Le rapport fait 400 pages, en anglais, rédigé par des scientifiques, il est évident que je ne l’ai pas lu, mais j’ai au moins tenté d’avaler le résumé de 20 pages fait en direction des décideurs, et lu quelques articles dans la presse reprenant les constats importants.

Certaines phrases étaient pourtant assez claires, en voilà quelques extraits :

« Pour limiter le réchauffement climatique à moins de 2 ° C, les émissions de CO2 devraient diminuer d’environ 25% d’ici 2030 »

Les voies limitant le réchauffement planétaire à 1,5 ° C nécessiteraient des transitions rapides et profondes en énergie, terre, ville et infrastructures y compris les transports, les bâtiments, et les systèmes industriels.

L’acceptabilité du public peut permettre ou empêcher la mise en œuvre de politiques et de mesures visant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 ° C et à s’adapter aux conséquences. »

On vit dans un décor

Dans un registre similaire, en octobre 2018, j’ai assisté à quelques conférences au Festival des Nouvelles Explorations à Royan, portant sur les futurs possibles, à la fois sur les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle, et l’impact de l’homme sur le vivant.

Des interventions parfois contradictoires mais intéressantes. Lors de la conférence de clôture : « Sommes-nous assez intelligents pour sauver le monde? » celle d’Arthur Keller, que je ne connaissais pas du tout à l’époque, m’a interpellé, en particulier quand il a lancé cet appel :

« On vit dans un décor, qui nous paraît relativement confortable en France. On se laisse volontiers endormir par le ronron du quotidien. Sauf qu’il est temps de réaliser ce qui se passe derrière le décor, en coulisse. L’envers de nos décors est un enfer pour tout ce qui vit, ou plutôt pour tout ce qui tente de survivre.

Notre civilisation est une méga machine d’annihilation industrielle du vivant. Soit on démantèle cette machine d’une manière ou d’une autre, soit on va disparaître.

On est déjà en situation de survie collective. Ceux qui survivent sont ceux qui en prennent conscience et qui s’organisent collectivement. »

En fait à ce moment là, je n’ai pas encore complètement percuté, mais la phrase « on vit dans un décor » a du cheminer insidieusement en moi.

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/ocean-continent-plastique-bien-plus-grand-prevu-70644/

En novembre, des collègues ont commencé à parler de zéro déchet et nous sommes allées voir une conférence sur le sujet, qui m’a ouvert les yeux sur le recyclage, en particulier un argument choc qui ne me quitte plus : le meilleur déchet est celui qui n’existe pas.

J’ai alors commencé à appliquer au quotidien la fameuse règle des 5 R (en anglais, ou 4 R et 1 C en français) du « zéro déchet » : Refuser, Réduire, Réutiliser/réparer, Recycler, Composter.

Le grand défi

Du 15 novembre au 15 décembre, j’étais mûre pour suivre de près la campagne de « Onestprêt » sur facebook, qui promettait de proposer des solutions concrètes à l’échelle individuelle :

« Participez au Grand Défi pour le climat. Ensemble, avec plus de 60 créateurs, nous pouvons avoir un vrai impact à l’échelle individuelle, industrielle et politique ».

J’en ai même fait un petit résumé que j’ai offert aux convives à Noël  ! 

Un petit geste pour la planète, un grand pas pour l’humanité

Lutter contre le réchauffement climatique, limiter les émissions de CO2, tendre vers le zéro déchet pour épargner les océans, préserver la planète, la bio diversité… et les générations futures.

Rien ne se fera si les citoyens consommateurs, les entreprises et les gouvernements ne travaillent pas dans le même sens. Mais si chacun se renvoie la balle, on risque d’aller droit dans le mur. Alors que faire en tant que particulier, à part se plaindre du pouvoir néfaste des lobbies, des entreprises polluantes et des gouvernements frileux ?

Pendant un mois, du 15 novembre au 15 décembre 2018, un grand défi a été lancé par le site « onestprêt » sur facebook, et d’autres réseaux sociaux.

Son objectif est « à la fois de montrer que tous ces acteurs peuvent s’unir pour mobiliser la société, et d’aider les citoyennes et les citoyens à se repérer dans les nombreuses initiatives ».

Voici la présentation du défi :

« Il y a 150 ans, nous avons commencé à creuser profondément la terre pour extraire des énergies fossiles, comme le pétrole. Et on a rompu cet équilibre naturel qui avait rendu possible le miracle de la vie sur Terre. En quelques décennies, on s’est mis à produire infiniment plus de gaz à effet de serre que notre planète est capable d’en absorber.Maintenant, qu’on agisse ou non, notre monde va changer. Beaucoup changer. La température moyenne à la surface de la terre est en train d’augmenter, un peu plus vite chaque année. Déjà 1 degré de plus qu’en 1850. Ça peut sembler minuscule. Mais c’est énorme. C’est l’effet papillon. Si on dépasse les 1,5° d’augmentation, tout change. »

« Tout ce qu’on aime faire dans ce monde et qui nous paraît évident aujourd’hui, tout ça pourrait devenir impossible dans les quelques années à venir.

Alors soit on change notre société, profondément et rapidement, et on arrive à rester sous le degré et demi de réchauffement. Soit on ne change rien… et dans ce cas là …

Aussi, on vous propose de relever ensemble ce Grand défi. Un défi inédit dans l’histoire de l’humanité.

« Et pourquoi je changerais, moi, alors que les gens s’en foutent du Climat ?

Déjà, tu n’es pas seul, on est des millions à changer. En fait, on est chaque jour plus nombreux et on est partout!L’histoire nous a prouvé que toutes les mobilisations qui atteignent 3,5 % de la population réussissent à faire basculer un système. En France, ça fait 2,5M personnes.

Le Grand défi, c’est plein de petits défis. La catastrophe climatique a plusieurs causes et nécessite une multitude de réponses: s’informer, passer des lois, cesser d’utiliser et d’extraire les énergies fossiles, voter, rejoindre les groupes qui mettent en oeuvre des solutions, choisir ce qu’on achète, en parler. S’impliquer au quotidien, de mille manières ou d’une seule. »

Jour après jour, nous avons décidé de relever ensemble ce Grand défi, de l’incarner dans nos quotidiens et de nous encourager les uns les autres.

On sait que personne n’est parfait et qu’on fait au mieux

Montrer l’exemple ce n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule.”

Exerçons une pression exemplaire vis à vis des décideurs politiques, des industriels et des financiers. Chaque geste en appelle un autre, chaque geste interroge.

Chaque geste est comme une pièce à 2 faces : pile, l’impact en CO2, face, une nouvelle mentalité qui se propage. Nos gestes écrivent un nouveau récit, et façonnent l’Avenir.

Vous avez peut-être déjà vu ces vidéos sur facebook. Je les ai listé au fur et à mesure que les initiatives sortaient, puis je les ai classé par thème, pour vous aider à ne pas les oublier.

Et même si vous ne mettez en pratique que quelques uns de ces petits gestes, ce sera toujours ça de pris. Personne n’est parfait mais on peut faire au mieux.

Les gestes « immatériels »

Devant votre ordinateur ou votre smartphone :

  • Vider ses boites mail, se désabonner des newsletters inutiles, créer des favoris pour limiter ses recherches sur internet (les « data center consomment énormément d’énergie)
  • Choisir un moteur de recherche qui finance des projets sociaux et environnementaux (du type lilo ou écosia)
  • Calculer son empreinte carbone sur le site : avenirclimatique.org/micmac/
  • Relayer des informations vérifiées à propos d’ associations ou de sites qui agissent pour le climat
  • Envoyer un mail à son maire pour lui demander par exemple de mettre au moins une fois par semaine dans des écoles un menu végétarien et/ou bio et/ou avec des produits locaux
  • Choisir une banque « écologique » du type crédit coopératif ou Nef

Avec d’autres :

  • Soutenir ou adhérer une association qui agit pour le climat
  • Aborder le sujet du climat avec ses proches, ses collègues
  • Participer, voire organiser des actions, comme la marche pour le climat
Les déplacements
  • Privilégier quand c’est possible les déplacements à pied, en vélo ou en transports en commun, utiliser le covoiturage
  • Limiter les trajets en avion, et imaginer des séjours de vacances sans aller très loin.
La consommation en général
  • Préférez le « green friday » au « black friday »
  • Chiner et acheter en seconde main pour des vêtements d’occasion, des objets, des appareils ménagers ou électroniques
  • Faire le tri et le recyclage des fringues non portées (donner les vieux vêtements aux associations, revendre ceux qui sont encore en état). Pareil pour les appareils et les objets que vous n’utilisez plus.
  • Dégoter aussi des cadeaux d’occasion…
  • Partager des outils qui ne servent pas souvent avec ses voisins (ou ses collègues, ou ses amis…)
  • Chauffage : 19° en journée et 17° la nuit, avec un pull de plus et une bonne couette !
  • Débranchez les appareils en veille, une multiprise avec interrupteur facilite ce petit geste
  • Choisir un fournisseur d’énergie renouvelable : http://changeonsdenergie.com/comparateur-particulier/
La bouffe
  • Cuisiner les restes pour éviter le gaspillage alimentaire (il y a 10 millions de tonnes de nourriture jetée par an en France) vider les fonds de placard et du congélateur avant que tout soit périmé et avant de racheter ce que vous avez peut-être déjà !
  • Ne vous fiez pas qu’aux dates de péremption, certains aliments peuvent se conserver bien au delà (goûtez avant!) Ces dates sont responsables de 20% du gaspillage.
  • Privilégier les produits frais et de saison, si possible locaux et bio, les petits commerçants, producteurs, AMAP…
  • Essayer de limiter la consommation de viande
Aller vers le zéro déchet
  • Le meilleur recyclage, c’est celui qu’on évite en amont.
  • Le plus simple : mettre un « stop pub » sur sa boite aux lettres
  • Si vous avez un petit jardin, faire du compost
  • Bannir l’utilisation des objets à usage unique : plus de verre ou de tasse plastique jetable mais plutôt un mug, plus de bouteille plastique, mais une gourde, plus de couverts jetables.
  • Plus de pailles en plastique (si vraiment vous ne savez pas boire sans paille, il existe des pailles en inox…)
  • Dans la salle de bain et la cuisine, limiter les bidons en plastique avec des produits d’hygiène et d’entretien : savon, shampoing solide, produits « simples » pour nettoyer : vinaigre, bicarbonate de soude, acide citrique, savon noir, etc… on trouve plein de recettes faciles pour la lessive, le liquide vaisselle, le déo, les démaquillants…
  • Changer les cotons démaquillants jetables par des lingettes lavables (ou des gants de toilette) limiter ou supprimer les cotons tiges (il en existe quand même avec des tiges en carton) changer votre brosse à dent en plastique pour une brosse en bambou (recyclable), changer les éponges qui s’usent vite et partent à la poubelle par une brosse à vaisselle en bois, un tawashi (chiffon fait à partir de vieux vêtements recyclés), un chiffon … Des serviettes de table à laver plutôt qu’en papier, des torchons plutôt que du sopalin…
  • Si vous avez un magasin de vente en vrac près de chez vous, allez y faire un tour… avec des sacs en tissus réutilisables
  • Privilégier les emballages en verre pour les yaourts, la crème, les compotes… ces petits pots peuvent servir pour conserver d’autres aliments fait maison dans le frigo, mais sont aussi recyclables comme les bouteilles en verre. Savez vous que le verre recyclé peut être utilisé presque à l’infini ? La matière obtenu avec le verre recyclé, le calcin, coûte en plus moins cher pour fabriquer de nouvelles bouteilles.
  • Paquets cadeaux : un joli tissu peut servir d’emballage et resservir…

On pourrait continuer comme ça longtemps. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, mis bout à bout, ces petits gestes ne coûtent pas plus cher, c’est juste des changements de comportements que chacun pourra faire à son rythme…

Il existe des tonnes de sites et de blogs pour aller plus loin…

La nouvelle année arrive bientôt, pour une fois quelques bonnes résolutions seront peut-être au rendez-vous 🙂

Dans la foulée de ce « manifeste », on a créé en famille des cadeaux faits maison pour Noël : confitures, déos, lingettes de démaquillage lavables…

Confitures maison
Tout est fait maison !

En parallèle, j’ai commencé à mettre en pratique ces petits gestes et à tester tous azimuts des recettes de produits fait maison pour la salle de bain, le linge, la vaisselle, etc. J’ai banni le plus de plastiques possible (adieu les yaourts, sauf en pots de verre, bonjour les desserts maison), j’ai collé un « stop pub » sur ma boite aux lettres (et ma poubelle jaune me remercie)…

Je me suis mis à manger de moins en moins de viande, j’apprends des recettes simples avec des produits locaux, j’ai chéri mon micro jardin sous l’angle de la permaculture et j’ai enfin mis les pieds à la bio-coop !

J’ai fait le chambardement dans ma maison pour donner à Emmaüs tout ce que je trouvais superflu et j’ai acheté à la place des bocaux d’occasion, j’ai réutilisé des trucs que je ne savais même plus que je les possédais, afin de consommer moins.

J’ai pris une fois l’avion cette année, mais en me promettant que je me limiterai à une fois par an (vais-je y arriver?)…

J’ai bien sur encore craqué trop souvent, car à moins de vivre en ermite, il est quand même très très difficile de « résister » dans notre société de consommation.

A noter que ces toutes petites actions ne m’ont pas coûté plus cher (souvent moins) et que le changement de mon alimentation a des aspects très positifs sur le corps.

Bref, tout ça s’est entremêlé, et j’ai voulu aller plus loin, encore plus loin..

A bras le corps

J’ai attaqué le problème comme je l’avais fait pour l’apprentissage de la pratique photo il y a quelques années : à fond ! J’ai énormément lu d’articles sur différents blogs, j’ai visionné des tas de vidéos, écouté des podcasts, tout ça dans un beau désordre.

Au début, comme pour les informations sur la photographie, j’ai pataugé, rien compris, comparé, testé, réfléchi, je me suis encore renseignée, j’ai suivi des MOOCS, et j’ai cherché encore plus de lectures, de conférences. C’est que le sujet est vaste, massif, systémique, d’une ampleur effrayante. 

Cette masse d’informations m’a pas mal secoué. Je me suis mis en colère, j’ai eu peur, j’ai même pleuré, tant les informations que je découvrais me renvoyaient à mon impuissance individuelle malgré tous les efforts que j’avais entrepris, et j’ai surtout pris conscience de l’absence d’informations grand public, précises et sans langue de bois.

Depuis ces dernières semaines, ça commence à venir (une bonne canicule fin juin, ça aide !) mais chacun retourne  vite à ses préoccupations du quotidien, jusqu’à une nouvelle catastrophe climatique…

J’ai commencé à en parler à mon entourage, j’en ai saoulé quelques-uns, j’en ai fait réfléchir d’autres, certains m’ont apporté d’autres pistes de réflexions.

Pendant ces quelques mois, j’ai peu à peu modifié en profondeur mon attitude de consommatrice, tout en tâtonnant, en fléchissant, puis en trouvant d’autres solutions et je suis loin d’avoir fini.

Je suis donc en pleine transition personnelle, avec les questionnements qui vont avec. Rassurez-vous, je ne rentre pas dans une secte, et je n’ai surtout pas embrassé une religion ou une autre.

Non, j’essaie juste de me poser des questions à travers des lectures ou des visionnages de conférences (pas de gourous illuminés, mais de scientifiques), à la fois pour tenter de voir le monde d’un tout petit peu plus haut, et paradoxalement pour l’observer de plus près dans ses mécanismes.

En effet, je suis de plus en plus fascinée par le fonctionnement circulaire et donc logique du vivant. A l’inverse, nos sociétés consomment toujours plus, tapant ainsi dans le stock fini de notre seule et unique maison, la planète, et rejettent derrière elles des tonnes de déchets souvent dangereux, très peu recyclables, et avec une durée de vie de dingue, dans une insouciance totale et coupable.

Bientôt 9 milliards d’habitants, et moi, et moi, et moi

Comme ça fait plus de 40 ans que des messages d’alerte de scientifiques sont lancés désespérément dans le désert et l’indifférence générale, je me sens un peu honteuse de ne pas m’y être intéressée plus tôt. Ou plutôt oui, comme beaucoup, je savais bien qu’on aurait du faire quelque chose, mais ça paraissait si loin, si vaste, si grand, que je comptais sur la prise de conscience des élus et des responsables de tout poil pour améliorer la situation, sans que moi, j’ai à faire le moindre effort.

Comme j’étais naïve, crédule, insouciante, dans mon joli décor..

J’ai l’impression d’avoir mis le doigt dans un engrenage, et qu’il m’est totalement impossible de revenir en arrière. Tout comme l’humanité s’est engagée dans un engrenage dont il n’est juste pas possible de sortir indemne.

Je ne sais pas où ça me mènera. Du coup, désolée, je suis « un peu » loin de la photographie, même si je trouve toujours beaucoup de plaisir à suivre mes amis photographes, et j’y reviendrai sans doute de temps en temps (j’ai quand même fait un très joli séjour en Andalousie, mais je laisse mes images décanter).

Grenade

Là, tout de suite, je suis plutôt en train de découvrir la permaculture par exemple, et ça me fascine. On peut pas tout faire !

J’ai bien conscience que c’est un peu fouillis, tout ce que je vous raconte. Il y aurait tant de sujets sur lesquels se pencher : la pénurie à brève échéance des énergies fossiles, la fin de l’abondance des ressources et des matériaux, la façon de nourrir une humanité toujours plus grande, l’extinction de la bio diversité, la dégradation des différentes sphères de notre monde, comment trouver collectivement des pistes pour freiner la machine infernale…

Bref, j’arrête là pour le moment, mais si ça vous intéresse, je pourrais revenir sur les lectures ou les vidéos qui m’ont mené à ce tournant un peu radical, je dois bien l’avouer.

On partage ?

En attendant, après les conférences passionnantes et drôles (pas sur le fond mais de part le ton) de Jean-Marc Jancovici, je peux vous recommander le livre de Phillippe Bihouix, « l’âge des low tech », édition anthropocène Seuil.

Je l’ai trouvé à la médiathèque de ma ville (et un achat de moins !). Sinon, on peut retrouver une interview de lui sur la chaîne « Sismique le podcast ». (A noter qu’il est préférable, pour limiter sa conso de flux internet, de regarder les vidéos en moyenne définition, et les podcasts sont encore plus économes en bande passante) 

Voilà pourquoi le blog était endormi depuis plus de 6 mois. Il m’a fallu du temps pour digérer tout ça, et c’est loin d’être fini. Maintenant, il faut trouver des voies de résilience, mais ça peut être excitant et passionnant.

La question « qu’en pensez-vous ? » parait bien large, mais n’hésitez pas à me dire où vous en êtes 🙂 

2 réflexions au sujet de « Virage radical : de la photographie à …autre chose »

  1. J’étais surprise de ne voir aucun commentaire à ton article alors qu’il date du 30 juin … Pourtant, même si tu ne parles pas trop de photographie, j’ose espérer que les gens qui lisent habituellement ton blog, le lisent aussi parce qu’ils s’intéressent à toi … Tu soulèves beaucoup de questions, de gros problèmes que le grand public ne peut plus ignorer. Rien que de lire une revue proche des sciences depuis des années m’a mise au courant de tout cela. J’ai déjà appliqué quelques petites choses au quotidien, je mange moins de viande (déjà que je n’en mangeais pas beaucoup), j’ai mis un stop pub (qu’il va falloir repasser au marqueur, il a perdu ses couleurs au soleil) mais j’ai noté aussi que certains s’en fichaient pas mal et me mettaient quand même des pubs dans la boîte. Et bien que l’on refuse les pubs, les papiers sont déjà produits et imprimés et ils finiront par terre, le stop pub n’est pas la solution ultime, il faudrait déjà que toutes ces sociétés qui les produisent arrêtent tout simplement de les produire. Toutes les pubs sont sur le net, ça fait doublon, surtout pour un sujet aussi naze que la pub. Je vide tout le temps la poubelle de ma boîte mail, je tri pas mal. Les fringues aussi, en moyenne 4 fois par an je fais un tour. Ce que je ne mets plus, je le donne. J’ai une antenne Emmaüs pas trop loin de chez moi, ils prennent presque de tout et si ça peut servir à d’autres personnes, c’est cool. Pour les fruits et légumes j’achète à ma gare des paniers à un producteurs bio du Loiret (donc local pour le sud Ile de France). Il me reste encore tellement de choses à faire. Faire bannir à certains les bouteilles en plastique, que personnellement je n’achèterai jamais, mais bon, je ne suis pas toute seule chez moi, mais j’y travaille doucement mais sûrement. Les coton-tiges et autres choses en plastique, il y en a encore pas mal à la maison, prochaine étape. Pour les quelques légumes de mon jardin, j’achète bio, je ne mets pas d’engrais chimique, rien en fait, je les laisse vivre leur vie et les pieds de tomates ont l’air de bien démarrer. Je n’achète presque plus de vêtements, ça doit me prendre une fois à 2 fois par an quand je me suis rendue compte que la plupart des vêtements vendus c’est de la mer*** et donc j’ai des trous très vite. Parfois, c’est trop abîmés, si ça peut faire un torchon tant mieux, sinon, je ne peux décemment pas donner ça à des gens, donc poubelle. Pour le moment je n’ai pris l’avion qu’une fois dans l’année, et cet été, ce n’est pas prévu. Bref, tu fais bien de faire une piqûre de rappel, on à tendance à oublier tellement vite pris dans le train-train quotidien. Quand je vois tous les jours des gens jeter des choses par terre sur le quai ou dans la rue, je me dis que certains sont irrécupérables, car ils sont encore bloqués au stade où même un enfant de 3 ans peut le faire, alors ce que tu dis, c’est des maths de physiciens théoriciens pour eux et on les a perdu depuis bien longtemps, d’autant plus que leurs comportements affichent clairement un je m’en foutisme total, ils n’ont aucune envie d’apprendre et encore moins de sortir de leur petit confort. Merci pour ce long article inspiré, en espérant quand même te revoir en photo car dans le domaine qui te passionne en ce moment, tu as aussi un fort levier à activer pour y faire des reportages, toucher encore plus les gens par des récits accompagnés de photos je pense ! 🙂

    1. Ouh, la, la, merci de ce long commentaire Anne ! ça ne m’étonne pas tant que ça qu’il n’y ait pas eu de commentaires et pour plusieurs raisons.
      D’une, ça fait plus de 6 mois que je n’ai pas posté, donc les rares personnes venant régulièrement ont oublié (c’est la magie du net, vite consommé, vite oublié !)
      De deux,j’ai de plus complètement changé de sujet, même si je sais que les gens qui passent par ici, ont grosso modo assez conscience du problème évoqué, et n’apprennent peut-être pas grand chose.
      Et de trois, répondre aussi complètement et sincèrement que tu l’as fait est difficile, car ça oblige à sortir de sa zone de confort, et se remettre en question, d’autant que le sujet est très vaste.
      Ton commentaire est d’autant plus important pour moi. Et c’est super d’avoir détaillé concrètement ce que tu fais au quotidien, tout ceci étant soutenu par tes lectures.
      Je suis persuadée qu’il est important de toucher quelques personnes chacun, histoire de faire tache d’huile (bio !)

      Concernant l’exemple du stop pub, c’est bien sur le plus petit geste possible, et ça n’empêche pas l’industrie de la pub de continuer à produite des tonnes de papiers inutiles.
      Mais ce petit geste peut permettre concrètement de réfléchir à toute la chaine : si je mets l’autocollant sur ma boite aux lettre, j’aurais moins de papiers à recycler. Ah, oui mais si ces tonnes de papiers existent toujours en amont, elles ont un impact sur la consommation de bois, donc de déforestation (même si une partie minime est issue du recyclage).
      Ah, mais c’est aussi une consommation d’énergie (transports, fabrication, même à partir de papier recyclé), c’est une consommation d’eau, de pétrole (pas encore une éolienne ou un panneau photovoltaïque capable de faire rouler les camions, ni faire avancer les super tankers, etc.
      Si on veut faire l’effort d’aller un peu plus loin, il est assez facile maintenant de trouver les infos.
      Donc au final, ce n’est pas évidemment pas mon stop pub qui permettra que le climat et tout le reste ne se déglingue pas, c’est la prise de conscience des enjeux derrière.

      Il n’est pas nécessaire que toute la population le fasse, et je sais bien qu’il restera des quantités de gens qui ne voient juste pas le lien entre leur attitude au quotidien et le contexte global.
      Et qui continueront d’opposer action individuelle, responsabilités des dirigeants, et profits des grands groupes financiers. Mais tout est lié… à chacun son rythme et sa façon d’agir. Pas trop lentement quand même parce qu’il est déjà très tard, et que, à mon avis la seule option c’est : « je rentre dans le mur à 5kms/heure ou à 100 km/h ?  »

      Pour en revenir à la photo, oui, documenter des actions (locales, par exemple) via ce média peut être une piste. J’y réfléchis. Mais je fais d’abord le tour de la toile (enfin, un peu !) et j’en trouve déjà pas mal, au moins en vidéo.
      En tout cas, merci infiniment pour ce long commentaire que j’ai particulièrement apprécié. Bonne continuation !
      Ah, et pour les autres, quelques mots peuvent suffire !!!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.