Marc Riboud, 60 ans de photographie

Publié le Publié dans Citations de photographes, découverte de la photo
la jeune fille à la fleur face aux soldat du Pentagone marche pour la paix au Vietnam
La jeune fille à la fleur. Marc Riboud. Washington, 1967
Paris, 1953. Le peintre
Le peintre de la Tour Eiffel. Marc Riboud . Paris, 1953

Marc Riboud, le photographe de « La jeune fille à la fleur » nous a quitté le 30 août dernier, à l’âge de 93 ans. Je trouve qu’il est dommage de résumer la carrière d’un grand photographe à quelques photos cultes, même si elles sont géniales.

Je suis donc allée chercher un peu d’information sur le web, n’ayant pas encore eu l’occasion d’acheter un de ses (nombreux) livres.

Quelques éléments biographiques 

Il semble qu’il ait été touché par le virus de la photographie dès l’adolescence, grâce au cadeau de son père, un petit Vest Pocket pour ses 14 ans. Il prend ses premières photographies à l’exposition universelle de 1937.

Après la guerre, il fait des études d’ingénieur et travaille en usine. Il prend quelques photos au Festival de Lyon pendant ses vacances, et décide de ne pas retourner au boulot pour se consacrer à la photographie. Ça devait être plus facile à l’époque !

Sa photo « Le peintre de la Tour Eiffel » est publiée dans le magazine Life, et il entre à l’agence Magnum sur l’invitation de Robert Capa.

De 1955 à la fin des années 60, il va parcourir successivement le Moyen-Orient, L’Afghanistan, la Chine, l’URSS, puis l’Algérie et l’Afrique noire, et le Vietnam. Il est l’un des rares photographes à avoir pu entrer au Nord Vietnam.

Depuis les années 80, il est régulièrement retourné en Orient et en Extrême-Orient et a exposé à Paris, Londres, New York, Beijing, Hong Kong, Bilbao…

Il a publié de nombreux livres sur ses voyages et a reçu de prestigieuses récompenses. Une grande rétrospective a eu lieu en 2004  à la Maison Européenne de la Photographie à Paris.

Ces dernières semaines, il était d’ailleurs exposé (jusqu’au 11 septembre 2016) à Perpignan, au festival Visa pour l’image, avec des photographies de Cuba en 1963. Son livre sur ce sujet est sorti le 18 août dernier.

Citations 

J’essaie de trouver des citations quand je vous présente un photographe. J’ai retenu les quelques phrases ci-dessous qui me plaisent beaucoup :

Dans l’un de ses livres, « Cinquante ans de Photographie » paru en 2004, il dit :

« Je ne me lasse pas de guetter la surprise, la note juste, cocasse ou émouvante. La beauté est partout. […] Je photographie comme le musicien chantonne. Regarder est une respiration et, quand le hasard est avec moi et qu’une bonne photo m’est donnée, le bonheur n’est pas loin… »

Dans un autre texte, il ajoute :

Pékin, 1965. Ces fenêtres s'ouvrent sur Liulichang, la rue des antiquaires. Dans ces boutiques, pendant la révolution culturelle, les Chinois devaient apporter leurs bijoux à l'Etat, sans contrepartie.
Pékin, 1965. Marc Riboud

 

Yougoslavie, 1953. Jeune fille portant un « bikini » dans les ruelles de Dubrovnik, sous l’œil désapprobateur de sa grand-mère.
Yougoslavie, 1953. Marc Riboud
Paris, 1953. Devant Notre-Dame, ces religieuses ne regardent pas les saints, mais papotent entre elles. Je ne saurai jamais le secret de ces dominicaines.
Paris, 1953. Marc Riboud
Vietnam, 1969. Dans un village du nord du Vietnam, à la sortie d'une classe, ces écoliers me dévisagent, curiosité et crainte mêlées. J'étais peut-être le premier Européen qu'ils rencontraient.
Vietnam, 1969. Marc Riboud
Japon, 1958. Night-club à Ginza, Tokyo.
Japon, 1958. Marc Riboud

 

Hollande, 1994. Etranges réflexions au bord d'un canal.
Hollande, 1994 Marc Riboud

Pour finir, j’ai été surprise de découvrir la photo ci-dessus, qui me rappelle quelque chose…

Des racines ou des cimes
Des racines ou des cimes. Saintes, janvier 2016.

Pour écrire cet article, j’ai consulté , entre autres sites, cette biographie. Je ne lis habituellement pas La Croix, mais leur article Marc Riboud, mort d’un photographe voyageur, est intéressant et plutôt bien tourné.

N’hésitez pas à visiter le site de Marc Riboud, il est agréable à consulter, et très complet.

Parmi les nombreux livres de ce photographe, cette monographie me semble une belle rétrospective. Encore une idée de cadeau 🙂

Je reviens bientôt pour la suite de mes balades parisiennes, mais j’ai appris aujourd’hui le décès de ce photographe, et j’ai eu envie d’en savoir plus, et de vous le faire partager.

7 réflexions au sujet de « Marc Riboud, 60 ans de photographie »

  1. Très bel article hommage à Marc Riboud pour ceux qui ne connaissent pas.
    J’avais vu une petite expo l’année dernière à la galerie Polka et j’avais été emballée par toutes ces photos.
    Je me souviens particulièrement d’une photo en Inde au bord du Gange avec l’ombre d’une personne se détachant sur une sorte de voile, une merveille. Le lien ici :
    http://www.20minutes.fr/culture/diaporama-8538-marc-riboud-expose-galerie-polka/toutes-les-photos
    Regardez aussi celle prise de l’intérieur d’un taxi en Chine bluffante.

    1. Merci Amor. Oui, la photo du Gange, j’ai failli la mettre aussi, elle est très belle. Il y a aussi celle avec la femme dans le miroir et le chat au premier plan, quelle compo !

  2. Merci pour cet article qui m’en apprend plus. Je ne le connaissais que de nom, mais j’avais déjà vu certaines de ses photos qui sont superbes, de belles compositions et de la vie ! J’aime beaucoup celle à Pékin en 1965 et celle en Yougoslavie en 1953, je me demande ce que fait la jeune fille !

    1. La « Jeune fille portant un « bikini » dans les ruelles de Dubrovnik, sous l’œil désapprobateur de sa grand-mère » doit jouer à l’élastique 😉
      Oui, de bien belles séries, et il n’a pas perdu l’inspiration de toute sa vie, ça me laisse rêveuse !

  3. Effectivement il en ressort beaucoup d’émotions dans ces images. Je ne sais pas si c’est l’effet du noir et blanc mais en faisant un peu le tour de ces oeuvres je suis tombé entre autres sur une photo mettant en scène un homme qui semble désespéré. Voici le lien:
    http://pro.magnumphotos.com/image/PAR96222.html
    J’ai adoré la composition « rentre dedans » et ce contraste social. Un homme qui quitte sa terre pour la ville à la recherche d’un travail. Encore ces images qui racontent une histoire…

    1. Merci pour le lien Pascal, je n’avais pas vu cette photo. En effet, elle raconte une histoire. ça vaut vraiment le coup d’aller explorer au delà des photos les plus connues…

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