Caillebotte

La propriété Caillebotte à Yerres, balade impressionniste

Publié le Publié dans balades d'été, Paris

Dernier retour sur notre séjour parisien de début juillet, la propriété Caillebotte à Yerres.

maison caillebotte
La terrasse

Après quelques balades au cœur de Paris dans la semaine, nous avons préféré passer un après-midi du week-end en banlieue sud. La chaleur ambiante nous a conduit à rechercher un coin de verdure un peu frais, et l’ouverture récente de la maison Caillebotte (fin juin 2017) après une longue rénovation était l’occasion de découvrir cette propriété, dont le parc est ouvert au public depuis une vingtaine d’années.

Propriété Caillebotte

 

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Gustave Caillebotte,  Jeune Homme à la Fenêtre, 1876

 Gustave Caillebotte (1848-1894) est peut-être moins connu que ses contemporains, parmi les peintres impressionnistes.

Je l’ai découvert lors d’une expo à Paris au musée Marmottan en 2014 (Les impressionnistes en privé), et j’ai eu le coup de cœur, tant pour ses peintures (jeune homme à la fenêtre, les raboteurs..) que pour son rôle important comme mécène auprès de ses amis peintres (Degas, Monet, Renoir…) De plus, il a fait don de sa collection de 500 tableaux (les siens et ceux de ses collègues préférés) à l’Etat. Chapeau, l’artiste !

Son style est un peu plus réaliste que ses compères impressionnistes, un peu comme une photographie, mais avec un sens évident de la lumière et de la composition.

Je suis donc ravie d’avoir visité le lieu où il a passé presque 20 ans de sa vie, de 1860 à 1879.

Gustave y peindra un grand nombre de ses tableaux, le parc de 11 hectares se prêtant à une interprétation bucolique.

 

 

 

 

La maison des Caillebotte

La réhabilitation de la maison de Yerres s’attache à retranscrire au plus près l’atmosphère du lieu à l’époque des Caillebotte. La visite du rez-de-chaussée nous transporte au 19ème siècle, entre rideaux à pompons, lustres à pampilles, meubles d’époque, tapisseries aux motifs floraux. La vaisselle ciselée semble attendre le visiteur en redingote et la visiteuse en jupe à tournure et ombrelle en dentelle.

maison caillebotte
Rideaux à pompons

(Un petit clic sur la première photo est conseillé pour voir la galerie en grand format)

Toute de vert vêtue

A l’étage, la disposition des pièces a été totalement modifiée. Les 12 chambres ont disparu, excepté celle des parents Caillebotte.

Plusieurs salles sont désormais consacrées à l’histoire de la propriété, aux différents propriétaires qui se sont succédés depuis le XVème siècle, et enfin à chaque membre de la famille Caillebotte.

la chambre bleue

En effet, on y apprend que Gustave avait deux frères, Alfred le curé et Martial le musicien. Ce dernier avait plusieurs cordes à son arc, et s’est en particulier intéressé à la photographie à partir des années 1890, discipline artistique alors toute récente.

Papa Caillebotte était un riche entrepreneur, et à son décès en 1874, il laisse à ses fils un très joli magot, qui leur a permis de vaquer à leurs occupations artistiques sans soucis de fin de mois.

les frères caillebotte
Auto portraits de Gustave

 

maison caillebotte
Photo d’un tableau de Gustave par Martial !

 

maison caillebotte
Canotiers
Le parc de la propriété

L’architecture du bâtiment principal est de style italien, avec des façades immaculées, des colonnes néoclassiques, des statues.

maison caillebotte
Résidence à l’italienne

 

Maison Caillebotte
Colonnes à l’italienne

La villa domine le parc, aménagé « à l’anglaise », avec un tracé irrégulier. Des « fabriques », constructions d’agrément (kiosque, glacière, orangerie) parsèment le jardin au milieu d’arbres centenaires et de larges pelouses.

maison caillebotte
Une « fabrique »

La rivière Yerres traverse paresseusement le domaine, et on se croirait soudain dans un des tableaux de Gustave Caillebotte, qui passa là de longues heures derrière son chevalet, peignant près de 90 toiles au cours des années 1870.

On trouve aussi un potager, que nous n’avons pas pu visiter car il était un peu tard.

Le lieu se prête parfaitement à toute sorte de manifestation, dont les mariages, bien évidemment !

Nous avons apprécié la visite de la maison, même si j’ai quand même été un peu déçue, m’attendant à trouver plus de tableaux du peintre. Un dizaine, peut-être, pas plus… En revanche, la rénovation est parfaitement réalisée, et les espaces documentaires agréables et instructifs. Le parc est un vrai régal.

maison caillebotte
Vue sur le parc

Je n’avais pas lu tous les détails des dépliants fournis pour la visite, et c’est en quittant le domaine, que j’ai réalisé qui était le maire de Yerres. Il s’est illustré de pas très bonne manière (enfin, à mon avis) pendant la dernière campagne présidentielle. Vous avez deviné ? 😉

Pour aller plus loin :

Propriété Caillebotte 

(Accès libre au parc, visite de la maison Caillebotte : 8€ non Yerrois ; 3€ Yerrois)

Gustave Caillebotte, biographie 

11 réflexions au sujet de « La propriété Caillebotte à Yerres, balade impressionniste »

  1. Je connais le parc de nom, que je n’ai pas encore fait, mais je ne savais pas que la maison pourrait être visitée et qu’en plus elle avait rouvert en juin 2017 ! Ça peut être une idée de sortie. Il y a 2 semaines, nous avons le domaine de Chamarande, très sympa également !
    C’est un peu dommage pour le fait qu’il n’y ait pas beaucoup de peintures, on aurait pu s’attendre à plus. Le parc à l’air très sympa !
    Par contre, le photographe est pas très sympa avec ces modèles, il les fait poser en plein soleil, bouh le vilain ! :p

    1. C’est à faire, ce n’est pas très loin de chez toi. Chamarande est aussi un très joli domaine. Je me suis dis que les photographes du mariage étaient des copains des mariés et pas des pros. Les grimaces dues au soleil pleine face, c’est en effet pas très heureux !!

  2. Rigolo cette semaine mon épouse m’a acheté une BD Glénat appelé Gustave Caillebotte que je viens de lire. On y apprend effectivement qu’il fut un grand mécène des Renoir, Monet, Sysley etc (Degas et Manet avait eux les moyens).
    Il avait une conscience aiguë de la valeur des œuvres de ses amis et des siennes. La confection du tableau des raboteurs est expliqué en détails ainsi que les conditions drastiques du legs de sa collection qui devait 20 ans après finir au Louvre !!
    Quand tu dis que les tableaux sont composé photographiquement tu as raison, j’ai appris dans cette BD comment il avait retranscrit les perspectives du pont métallique avec une chambre noire.
    Une visite que je vais aussi faire prochainement.
    Ta photo des rameurs on se croirait à cette époque si ce n’est les gilets de sauvetage. J’aime bien aussi la boule de verre avec le décor champêtre.

    1. Madame a très bon gout (ou connait bien les tiens !!) la BD a l’air très intéressante. La visite de la maison Caillebotte sera un bon complément. Le frère de Gustave était fan de photo, ils ont du s’échanger des bons plans !
      J’ai cru comprendre à travers mes lectures qu’il n’était pas très apprécié à son époque, Zola avait descendu son travail de peintre. La reconnaissance vient souvent après. Y a de l’espoir 😉

      1. Effectivement Zola le trouvait un peu trop réaliste par rapport aux impressionnistes purs et durs. Caillebotte était très attiré par la modernité. Il est mort très jeune comment aurait-il évolué ?

  3. De bien jolis bokeh sur cette série !! J’aime beaucoup en particulier ta dernière photo avec cette vue sur le parc depuis l’intérieur C’est inspirant, ça donne envie d’ouvrir cette porte …

  4. The grounds are gorgeous and you definitely captured them well. I really liked the picture of the bride and groom. They’re going to make beautiful babies. 😀 I loved seeing the old style furniture and the green room was particularly impressive.

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