Balade parisienne, la Bibliothèque François Mitterand

Publié le Publié dans balades d'été, Paris

Après avoir écumé les alentours de Beaubourg le 7 juillet, nous somme retournées le lendemain à Paris. Comme il faisait encore très chaud, nous avons cherché un peu d’ombre, ou éventuellement un peu de clim !

Au programme, un tour à la Bibliothèque François Mitterrand, puis une balade dans le quartier de Bercy.

Ces deux sites étant à la fois photogéniques et riches d’histoire, je couperais la journée en deux billets.

Bibliothèque François Mitterrand, le plus grand site de la BNF

A l’occasion de cet article, je me suis un peu documentée sur la Bibliothèque Nationale de France et j’ai découvert un monde fabuleux de connaissances. En fait, je pensais que la BNF et la Bibliothèque François Mitterrand n’était qu’un seul et même site, avec des appellations différentes. Mais que nenni !

La Bibliothèque Nationale de France comprend en réalité 7 sites, distincts géographiquement, et possédant chacun des collections et des missions différentes. Le site Richelieu, dans le 2ème arrondissement est le berceau historique de la BNF. Il est avec le site François Mitterrand, l’un des deux sites principaux de la BNF. Je comprends mieux pourquoi j’ai trouvé le logo de la BNF sur une de mes photos de l’année dernière, quand j’arpentais le quartier du Palais Royal.

BNF Richelieu

Les autres sites de la BNF sont : la bibliothèque de l’Arsenal, dans le 4ème arrondissement, la bibliothèque-musée de l’Opéra, située dans une aile du Palais Garnier, la Maison Jean-Vilar à Avignon, et deux sites de conservation (non ouverts au public) à Bussy Saint-Georges, et à Sablé sur Sarthe.

L’histoire de la Bibliothèque François Mitterrand 

Juste quelques lignes pour vous situer le contexte.

François Mitterrand, qui rêva, comme tous les présidents de la République, de laisser une trace dans l’histoire, annonça en 1988 « la construction et l’aménagement de l’une ou de la plus grande et la plus moderne bibliothèque du monde ». Rien que ça !!

Le site retenu est celui de Tolbiac, une friche industrielle, dans le 13ème arrondissement. Un an plus tard, le projet audacieux de  Dominique Perrault, jeune architecte de 36 ans, est choisi par le Président de la République.

De verre et d’Ipé

La taille de cette oeuvre architecturale donnent le tournis : un site de 7,5 hectares et  une esplanade de 60.000 m², quatre tours angulaires de 79 m de haut , disposées en rectangle, et symbolisant chacune un livre ouvert. Au centre de ces bâtiments,  un jardin de 12.000 m².

Une forêt de livres

Chaque tour comprend sept étages de bureaux et onze étages de bibliothèque. Les deux galeries qui relient les tours dans la plus grande longueur du rectangle accueillent des expositions, des conférences,  des journées d’études des concerts, et desservent les bibliothèques ouvertes largement au public, en rez-de-jardin et haut-de-jardin. Ce site est devenu l’une des bibliothèques les plus importantes du monde avec un fonds de plusieurs dizaines de millions de livres, de périodiques (390 000 titres), de documents audio et vidéo( plus de 1.7 millions), de microfiches… et même plus de 4 millions de documents numérisés.

« La BnF a également pour mission de collecter au titre du dépôt légal, dès lors qu’ils sont mis à la disposition d’un public, les documents imprimés, graphiques, photographiques, sonores, audiovisuels, multimédias, quel que soit leur procédé technique de production, d’édition ou de diffusion, ainsi que les logiciels et bases de données, quelle que soit la nature de leur support. Il en est de même pour les signes, signaux, écrits, images, sons ou messages de toute nature faisant l’objet d’une communication au public par voie électronique (Internet). »Source BNF.

Vous imaginez le boulot ?!!

La bibliothèque François Mitterrand a ouvert ses portes au public en décembre 1996, voilà déjà plus de 20 ans, et le site fait désormais partie (comme Beaubourg) des incontournables de la capitale.

Quatre siècles d’ouvrages

Maintenant que vous situez le contexte, permettez-moi un retour dans le temps pour retracer brièvement l’histoire pleine de péripéties de la Bibliothèque Nationale. Si cela ne vous intéresse pas, vous pouvez passer au chapitre suivant, c’est à dire les photos, je ne vous en voudrais pas !

XIVème siècle : Charles V constitue la première bibliothèque Royale, un millier de livres, rassemblés au Louvre.

1537 : François 1er ordonne aux imprimeurs et aux libraires de déposer à la librairie du château de Blois tout livre imprimé mis en vente dans le royaume. Cette obligation légale (appelé le dépôt légal) constitue une étape essentielle pour la bibliothèque royale, qui sera ramenée à Paris au XVIème siècle.

XVIème siècle : sous Louis XIV, la bibliothèque s’enrichit énormément et une partie des collections s’installe rue de Richelieu.

1692 : la bibliothèque est ouverte au public. Bon, à l’époque, elle n’était pas très fréquentée, il fallait être V.I.P.

XVIIIème siècle : la bibliothèque Royale, devenue Nationale après la révolution, s’agrandit encore avec de nombreux ouvrages confisqués au clergé, piqués dans les bibliothèques des émigrés, ou dans les collections particulières des princes… Au moins, les bouquins n’ont pas été brûlés, c’est déjà ça !

légende ci-après
Photographie de la salle Labrouste au 19e siècle © BnF, département des Estampes et de la photographie

XIXème siècle : ça déborde de partout ! il est grand temps de mettre un peu d’ordre dans les collections et de trouver de la place. Prosper Mérimée s’y attelle. On construit des salles, on réalise un catalogue, un travail de Titan, et on continue de recueillir les manuscrits des écrivains.

XXème siècle : évidemment, la bibliothèque ne cesse de s’agrandir de façon exponentielle, et il faut construire à droite et à gauche des bâtiments pour contenir tous les ouvrages. De plus, de nouveaux supports notamment audiovisuels s’ajoutent aux collections. On est au bord de l’implosion!

Peu à peu, les outils informatiques, la numérisation des images et des textes modifient et augmentent les pratiques de recherche et de lecture, avec la transmission des documents à distance. La Bibliothèque nationale de France s’inscrit dans la nouvelle génération de bibliothèques, qui voit le jour, aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Japon, à Alexandrie.

Et c’est ainsi qu’est né le site François Mitterrand… 

Fin 2016, à l’occasion du 20ème anniversaire du site, un article du Parisien relevait les couacs subis par cet édifice gigantesque au cours de sa relativement jeune existence. Les critiques (comme pour tout nouveau bâtiment) étaient nombreuses : le budget de ce projet était pharaonique, les livres allaient souffrir du soleil derrière les parois vitrées, l’espace serait vite trop saturé, etc.

De plus lors des premières années, la bibliothèque souffre de quelques avaries, dont deux inondations dans les sous-sol, des bousculades, la chute d’un bloc de plafond et j’en passe ! A l’extérieur, des visiteurs chutent sur les lames de l’esplanade qui deviennent glissantes par temps de pluie. Il parait même qu’on l’appelait « l’esplanade des invalides» ! Depuis, des bandes d’anti-dérapant ont été posées.

Ipé en perspective

Pourtant, je trouve cet endroit magique : réunir autant de connaissances dans un lieu aussi photogénique, ça suffit à mon plaisir.

Prendre le soleil
Infos pratiques et quelques vues

Vous retrouverez tous les détails de tarifs sur le site internet très dense de la BNF, mais sachez qu’il est possible d’entrer librement dans le bâtiment (par l’aile Est, la plus près du Cinéma MK2) de faire le tour du jardin par les allées qui mènent aux salles de lecture, de profiter d’une salle de repos, de deux terrasses face au jardin, de cafés et restaurants, sans avoir besoin d’un billet ou d’un pass.

Sinon, pour consulter les bouquins grand public, mais aussi pour accéder aux expositions,  spectacles vivants ou concerts, le pass annuel est de seulement 15€. Si j’étais Parisienne, je n’hésiterais pas une seconde à l’acheter !

Le hall de l’entrée Est

 

Partageons la culture

 

Terrasse à l’Ouest

 

Terrasse à l’Est

Pour en profiter, il suffit de montrer son sac et sa carte d’identité aux portiques d’accès.

Grâce à Amor, notre désormais incontournable guide parisien 😉 qui nous a rejoint en début d’après-midi, nous avons pu aller admirer les spectaculaires globes terrestre et céleste de Coronelli, qui trônent dans un hall situé dans l’aile Ouest.

Le globe du Roi Soleil

 

Hémisphère sud

Ces globes, d’un diamètre de 4m (!) offrent une représentation du monde tel qu’il était connu en 1683. Ils font 4m de diamètre ! Le globe terrestre est enrichi de textes et d’images retraçant des récits Tel une encyclopédie, le globe terrestre fourmille d’informations. Le tracé cartographique s’enrichit sur toute la surface de textes et d’images retraçant des récits des aventures et des découvertes de l’époque. C’est passionnant, si l’on prend le temps de s’attarder sur ces détails.

Terra incognita

Les alentours du bâtiment sont un super terrain de jeu pour photographes, je n’ai pu y résister !

Juste un banc

 

Bien descendu

 

 

Ombres de la BNF en noir et blanc

 

Ombres de la BNF en couleurs

Je n’ai pas su choisir entre la couleur et le noir et blanc, vous me direz ce que vous en pensez…

 

Convergence

 

De bois et de verre

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce lieu, autant sur place, qu’en faisant ensuite mes petites recherches pour cet article. N’hésitez pas à cliquer sur les liens (en rouge) pour en savoir plus si ça vous intéresse.

Connaissez-vous la BNF ?

A bientôt pour la suite, du côté du parc de Bercy.

Bonne lecture, bonnes vacances à ceux qui les commencent, et bon courage à ceux qui rentrent !

8 réflexions au sujet de « Balade parisienne, la Bibliothèque François Mitterand »

    1. Merci Emma, tes photos géométriques en noir et blanc sont aussi très belles, surtout celles où les reflets des nuages jouent sur les façades.

  1. Et bien c’est riche en détails et informations ! Tu m’as appris des choses ! 🙂
    Je ne suis jamais rentrée dedans et pourtant je suis passée quelques bonnes fois devant, ou vers les jardins au centre. Il faudra que je le fasse quand même, depuis le temps !
    Des photos bien contrastées, les noirs et blancs sont très beaux. Il y a tellement de lignes là-bas qu’on ne sait plus où donner de la tête, c’est un bon terrain de jeu, c’est clair !
    Et mention spéciale pour les globes, il vaut vraiment que j’y rentre !

    1. Merci, Anne. J’ai potassé le sujet !! mais j’ai aussi appris pleins de choses, et j’ai écris assez facilement cet article, ce qui n’est pas toujours le cas. De plus j’avais largement ce qu’il fallait en photos 🙂 oui, ça vaut la visite…

  2. Bien documenté cet article j’ai appris des choses. Logique que tu ai vu BNF rue Richelieu l’année dernière (celle-ci tu peux la visiter lors des journées du patrimoine).
    Pour qui aime la photo archi c’est une source inépuisable d’angle de vue de perspectives d’ombres et de lumière.
    Il en manque pas ici. Sur la photo couleur ou N&B j’opte N&B la couleur n’apporte rien pour moi.
    Ta sœur en silhouette dans bois et verre donne un bel effet de perspective les lignes en tous sens top cadrage.
    J’aime bien le monsieur en train de cuire au soleil (qui est un parti depuis !!!).
    Beaux globes aussi.

    1. J’ai appris des choses grâce à toi (le dépôt légal, les globes…) ça m’a donné envie d’en savoir plus et de le partager. J’espère que ce n’était pas trop ennuyeux…
      J’ai aussi fait le choix du noir et blanc pour la BNF en NB, que j’ai posté sur flikr. Le rouge de la robe m’attirait, mais les ombres ne sont pas assez contrastées. Trop facile de trouver des photos à faire dans cet environnement !

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